Cipollone, de la BCE, s'adresse aux médias à Rome
Plusieurs responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ont appelé mercredi à la vigilance en matière de taux d'intérêt, sans pour autant recommander un resserrement de la politique monétaire, soulignant que les effets de second tour de l'inflation ne s'étaient pas encore concrétisés.
L'institut de Francfort a relevé ses taux d'intérêt en juin et il devrait le faire à nouveau cette année, selon les paris des marchés.
Certains signes indiquent toutefois qu'une deuxième hausse des coûts d'emprunt n'est pas urgente et qu'elle n'aura pas lieu lors de la réunion de la semaine prochaine, même si les prix du pétrole remontent.
Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, et Martin Kocher, gouverneur de la Banque nationale d'Autriche, ont tous deux déclaré mercredi qu'ils ne voyaient pour l'instant aucun signe d'effets de second tour, c'est-à-dire une situation dans laquelle la hausse des prix et des salaires provoque ou aggrave l'inflation.
La banque centrale n'a pas les moyens d'empêcher la flambée des prix du pétrole, qui résulte de la situation géopolitique, mais sa politique de taux peut freiner ou empêcher que l'impact initial sur les prix ne se propage à l'ensemble de l'économie, ce qui ferait augmenter les anticipations d'inflation et donnerait lieu à des revendications salariales.
"Pour l'instant, nous accordons une attention particulière aux effets indirects de la guerre au Moyen-Orient sur les prix et aux éventuels effets de second tour. Nous ne constatons actuellement aucun effet de second tour, mais nous devons également aligner notre politique monétaire sur les anticipations d'inflation", a déclaré Martin Kocher dans une interview accordée au journal financier allemand Börsen-Zeitung.
Piero Cipollone, dans un entretien publié mercredi par Ouest-France, s'est exprimé dans le même sens, affirmant que la BCE n'avait constaté ni une hausse dangereuse des anticipations d'inflation, ni un durcissement des revendications salariales.
Les marchés avaient largement écarté la possibilité d'une hausse des taux en juillet, les cours du pétrole ayant chuté brutalement sous l'effet du protocole d'accord signé le 17 juin par Washington et Téhéran afin de mettre un terme durable à leur guerre.
Ils continuent de considérer qu'il n'y a qu'une chance sur cinq pour qu'un relèvement ait lieu lors de la réunion de la BCE prévue la semaine prochaine, alors même que les prix du pétrole ont de nouveau dépassent à nouveau les 85 dollars le baril en raison de la reprise des frappes et de la nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz.
Les investisseurs anticipent toutefois deux nouvelles hausses des taux d'ici au printemps prochain, une première en septembre.
"La reprise des conflits militaires au Moyen-Orient et la nouvelle hausse des cours du pétrole soulignent que la situation reste extrêmement volatile et que l'incertitude est tout aussi élevée", a pour sa part déclaré Joachim Nagel, président de la Bundesbank, dans un communiqué transmis par e-mail.
"Il reste conseillé de réagir avec prudence, mais d'agir avec détermination si nécessaire (...) La politique monétaire restera vigilante", a-t-il ajouté.
(Balazs Koranyi ; version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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