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BCE: Pas d'effets de second tour de l'inflation, mais la vigilance reste de mise selon des responsables
information fournie par Reuters 15/07/2026 à 11:13

Cipollone, de la BCE, s'adresse aux médias à Rome

Cipollone, de la BCE, s'adresse aux médias à Rome

Plusieurs responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ont ‌appelé mercredi à la vigilance en matière de taux d'intérêt, sans pour autant recommander un resserrement de la politique monétaire, soulignant ​que les effets de second tour de l'inflation ne s'étaient pas encore concrétisés.

L'institut de Francfort a relevé ses taux d'intérêt en juin et il devrait le faire à nouveau cette année, selon les paris des marchés.

Certains signes indiquent toutefois qu'une deuxième ​hausse des coûts d'emprunt n'est pas urgente et qu'elle n'aura pas lieu lors de la réunion de la semaine prochaine, même si les prix du pétrole remontent.

Piero ​Cipollone, membre du directoire de la BCE, et Martin Kocher, ⁠gouverneur de la Banque nationale d'Autriche, ont tous deux déclaré mercredi qu'ils ne voyaient pour l'instant aucun signe ‌d'effets de second tour, c'est-à-dire une situation dans laquelle la hausse des prix et des salaires provoque ou aggrave l'inflation.

La banque centrale n'a pas les moyens d'empêcher la flambée des prix du pétrole, ​qui résulte de la situation géopolitique, mais ‌sa politique de taux peut freiner ou empêcher que l'impact initial sur les prix ⁠ne se propage à l'ensemble de l'économie, ce qui ferait augmenter les anticipations d'inflation et donnerait lieu à des revendications salariales.

"Pour l'instant, nous accordons une attention particulière aux effets indirects de la guerre au Moyen-Orient sur les prix et aux éventuels ⁠effets de second tour. Nous ‌ne constatons actuellement aucun effet de second tour, mais nous devons également aligner notre politique monétaire ⁠sur les anticipations d'inflation", a déclaré Martin Kocher dans une interview accordée au journal financier allemand Börsen-Zeitung.

Piero Cipollone, dans un ‌entretien publié mercredi par Ouest-France, s'est exprimé dans le même sens, affirmant que la BCE n'avait constaté ⁠ni une hausse dangereuse des anticipations d'inflation, ni un durcissement des revendications salariales.

Les marchés avaient ⁠largement écarté la possibilité d'une ‌hausse des taux en juillet, les cours du pétrole ayant chuté brutalement sous l'effet du protocole d'accord signé le 17 ​juin par Washington et Téhéran afin de mettre un terme durable ‌à leur guerre.

Ils continuent de considérer qu'il n'y a qu'une chance sur cinq pour qu'un relèvement ait lieu lors de la réunion de la ​BCE prévue la semaine prochaine, alors même que les prix du pétrole ont de nouveau dépassent à nouveau les 85 dollars le baril en raison de la reprise des frappes et de la nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz.

Les investisseurs ⁠anticipent toutefois deux nouvelles hausses des taux d'ici au printemps prochain, une première en septembre.

"La reprise des conflits militaires au Moyen-Orient et la nouvelle hausse des cours du pétrole soulignent que la situation reste extrêmement volatile et que l'incertitude est tout aussi élevée", a pour sa part déclaré Joachim Nagel, président de la Bundesbank, dans un communiqué transmis par e-mail.

"Il reste conseillé de réagir avec prudence, mais d'agir avec détermination si nécessaire (...) La politique monétaire restera vigilante", a-t-il ajouté.

(Balazs Koranyi ; version française ​Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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